Techniques et matériels

La Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro par son architecture évoque davantage le style gréco-romain antique. De nombreux éléments décoratifs africains se mêlent aux emprunts d’autres civilisations. Le sable rosé de Yamoussoukro, composant essentiel de la structure en béton, « pierre de nos temps », donne à l’ensemble sa couleur particulière et l’apparence d’être bâtie en pierre de taille.

La Basilique a été construite selon les plans de l’Architecte Pierre Fakhoury.

Par le style donné à l’édifice, avec son dôme haut de 158 mètres rappelant par sa forme plus grande celui de Saint Pierre de Rome, avec le jeu de ses très nombreuses colonnes (le péristyle : 128 colonnes doriques ; le parvis : 84 colonnes doriques ; le tambour : 48 colonnettes corinthiennes ; l’intérieur de la Basilique : 48 colonnes doriques, 12 colonnes ioniques, 48 pilastres corinthiens), l’Architecte répondait au goût du Président Félix Houphouët-Boigny pour le néoclassicisme.

 

  1. L’EXTERIEUR DE LA BASILIQUE

 

1.1. L’ALLEE PRINCIPALE ET LE PERISTYLE

Avant d’entrer dans la Basilique, le visiteur, le pèlerin, le fidèle, allant par l’entrée principale, passe par une allée en marbre (environ un kilomètre) entourée de jardins à la française.  Ensuite, il arrive à l’esplanade, vaste place de trois hectares qui peuvent accueillir plus de cent cinquante mille personnes. Deux rangées symétriques de colonnes (128 au total) forment un imposant péristyle. Elles délimitent l’esplanade en s’incurvant avec ses deux bras ouverts. Au milieu de cette place, l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, étend ses ailes sur le sol. Répondant au dôme du sanctuaire, rythmant le péristyle (vers ses extrémités), quatre petites coupoles, surmontées elles aussi d’une boule et d’une croix dorée, coiffent quatre chapelles ouvertes. Celles-ci sont dédiées aux quatre Évangélistes, et celle de Saint Jean, au nord-est, abrite sept cloches de bronze (coulées en France) ; la plus grosse, le bourdon, pèse quatre mille trois cents kilos. A l’ombre du péristyle, le pèlerin arrivera à cette chapelle s’il suit les quatorze panneaux de bronze et de laiton du Chemin de Croix.

1.2. LE PARVIS ET LA TERRASSE EXTERIEURE

Après l’esplanade, l’on monte les marches pour se rapprocher de l’intérieur de la Basilique. On est alors sur le parvis. C’est un ensemble de quatre-vingt-quatre colonnes doriques dessinant une croix aux bras de longueurs différentes : une croix latine ; car la croix est présente depuis toujours dans le plan des églises catholiques ; elle rappelle au chrétien que Jésus, Fils de Dieu, est mort sur une croix et que c’est par cette passion que tout homme est sauvé. Ce parvis élève vers le ciel un énorme plancher protecteur, fait de larges caissons de staff. Il protège les verrières de la Basilique et peut abriter trente mille personnes debout.

C’est aussi une terrasse d’où l’on peut admirer les jardins et une partie du pays Baoulé si l’on se donne la peine d’y monter en prenant un des ascenseurs prévus. Là-haut, l’on est impressionné par la taille de la coupole : haute de soixante mètres et d’un diamètre de quatre-vingt-dix mètres à la base, elle est parmi les plus hautes du monde. Ce dôme, de forme hémisphérique, légèrement ogivale, doit son allure à des milliers de plaques d’aluminium laqué, installées sur une charpente en acier galvanisé. Mais la calotte supérieure est couverte à l’extérieur de verre étanche et donne à l’intérieur les vitraux de la verrière du Saint Esprit, sous la lanterne. Ce fut un grand moment dans l’histoire de la construction que la pose de cette lanterne haute de trente-huit mètres, pesant trois cents vingt tonnes avec ses colonnes en acier inoxydable. Les formes arrondies de ses anneaux, la sphère et la boule, ainsi que la croix qui les surplombe sont en aluminium anodisé couleur or qui brille, éclatant de la lumière du soleil tropical.

  1. L’INTERIEUR DE LA BASILIQUE

En entrant dans la Basilique, le visiteur passe sous le vitrail de la Sainte Vierge à qui le sanctuaire est dédié, rappelant ainsi le rôle primordial de Marie dans l’histoire du salut : par son « oui » à l’ange, elle a donné au monde le Sauveur. Marie est la porte par laquelle nous entrons pour aller au Christ. L’Église sur son chemin « progresse en suivant l’itinéraire accompli par la Vierge Marie qui avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la Croix ».

2.1. L’APERÇU GENERAL

On constate que l’intérieur de la Basilique est une rotonde parfaite. Cet immense espace intérieur peut contenir dix-huit mille personnes : sept mille places assises et onze mille debout. Les murs sont constitués de vingt-quatre grandes verrières disposées entre vingt-quatre piliers. Dans les vitraux, sont réparties vingt-deux portes et creusées deux chapelles dédiées à Notre-Dame de la Paix et à Saint Joseph.

L’intérieur de la Basilique est encore un ensemble de quarante-huit colonnes doriques pleines, de plus de trente mètres de haut. Elles courent autour du sanctuaire et s’élancent vers le déambulatoire et vers la coupole. Il y en a également douze de type ionique, creuses, qui cachent à l’intérieur, six escaliers, des câbles, les quatre ascenseurs qui permettent d’atteindre les terrasses extérieures situées à trente-quatre mètres de hauteur et le déambulatoire des Apôtres à trente-huit mètres.

2.2. L’INTERIEUR DE LA COUPOLE

C’est une véritable fontaine de lumière qui pénètre au cœur du bâtiment par la verrière placée au sommet de la coupole. Sur cette verrière de quarante mètres de diamètre, l’Esprit Saint, représenté sous la forme d’une colombe aux couleurs intenses, en occupe le centre. De cette colombe, partent des langues de feu, signe de la force que l’Esprit met au cœur des hommes. L’armature sombre de la coupole de staff bleu est constituée par sept anneaux circulaires, symbole des sept dons de l’Esprit Saint qui conduit et anime l’Église.

Dans sa partie inférieure, la coupole se prolonge par sept cercles jaunes qui rejoignent les vitraux des Apôtres. Le vitrail de Pierre occupe la place centrale, mettant en relief son rôle particulier dans le collège apostolique. Les Apôtres, unis autour de lui, constituent les colonnes et le fondement de l’Église. Sur les vitraux où ils sont représentés, ils portent avec eux le signe de leur martyre. Il nous est ainsi rappelé qu’être apôtre suppose de suivre le Christ et d’en être le témoin jusqu’au don total de sa vie. Aujourd’hui, les successeurs des Apôtres, les évêques, unis autour du Successeur de Pierre, le Pape de Rome, poursuivent la mission pastorale de guider le peuple de Dieu dans sa marche vers le Royaume. Ainsi, la lumière de l’Esprit Saint, par le ministère des Apôtres, est communiquée aux fidèles présents dans le sanctuaire, pour que, par la prière et l’écoute de la Parole du Christ, ils s’approchent de Dieu, et que par le témoignage, ils participent activement à la construction de l’Église.

2.3. LE CŒUR DE L’EDIFICE

Au centre du sanctuaire, se trouve l’autel majeur en marbre, surmonté d’un baldaquin. Sa place rappelle que l’Eucharistie est au cœur de la vie de l’Église et que le Seigneur rassemble autour de lui son peuple. L’Église est animée par le don que le Christ fait de sa vie dans le sacrifice eucharistique qui rend inutile tous les autres sacrifices. Le baldaquin est de laiton et de bronze avec une hauteur de vingt-huit mètres. Ce baldaquin à quatre colonnes est aussi marqué par la tradition africaine. En effet, comme dans la forêt tropicale, des lianes entourent les troncs d’arbres, des spirales enlacent les quatre fûts. Au sommet de chacun d’eux, le chapiteau repose sur un siège à empiétement ajouré, siège royal baoulé qui devient alors le trône du Roi des rois : Jésus Christ. Au sommet du baldaquin, s’élève vers le ciel une croix dorée surmontant une sphère, symbole de la terre des hommes. Vers la croix, se dirigent des rameaux de palmiers qui rappellent l’épisode évangélique de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Une grande coupole bleue foncée (de près de sept mètres de diamètre), figurant le ciel et ses étoiles de couleur jaune, domine l’autel. Dans son intérieur, cette coupole cache des projecteurs qui éclairent le magnifique lustre électrique à la française.

Derrière l’autel, deux constructions symétriques constituent les sacristies où les officiants se préparent aux célébrations liturgiques. Dans le marbre de mur de la sacristie, on voit une lumière perpétuelle au-dessus du tabernacle où est déposé le Saint Sacrement.

2.3. LES IDEES PRINCIPALES DES VITRAUX

Les vitraux représentent la plus grande surface de vitrail au monde, environ sept mille quatre cents mètres carrés. Les vitraux composent les murs de cette Basilique. Ils exposent et communiquent visuellement l’enseignement biblique. Cet art de peindre avec la lumière, typique de l’architecture des églises catholiques, a servi de « Bible en image » aux illettrés au Moyen Âge. Les vitraux de la Basilique de Yamoussoukro nous racontent l’histoire de l’amour de notre Dieu pour l’humanité, l’alliance scellée avec Moïse et renouvelée définitivement par la venue de Jésus qui a donné sa vie pour le salut de ses frères.

Les vitraux s’assemblent et par certaines correspondances, se groupent entre eux. Il y a quatre triptyques associant de grands thèmes théologiques, philosophiques et moraux.

Au milieu de chaque triptyque, le vitrail principal se laisse facilement reconnaître par sa forme voûtée, due à la grande rosace rayonnante qui le domine.

Sur les quatre grandes rosaces du sanctuaire, figurent quatre vertus cardinales, quatre exigences de la morale chrétienne : la Justice (vitrail Notre-Dame de la Paix), la Force (le Christ glorieux), la Tempérance (la faute originelle), la Prudence (le baptême de Jésus).

Les couleurs et les motifs propres à chaque triptyque puisent dans la philosophie grecque pour évoquer les quatre éléments de la Création : l’air, le feu, la terre et l’eau. Mais les vitraux montrent aussi la symbolique théologique des quatre triptyques:

            – Le triptyque Marial: d’un réalisme saisissant, le visage de Notre-Dame de la Paix capte et renvoie la lumière du Ciel. Il domine deux autres verrières qui racontent deux épisodes de la vie de Marie: Marie prie son fils aux Noces de Cana (Verrière de gauche); Marie au milieu des Apôtres le jour de la Pentecôte (Verrière de droite).

            – Le triptyque Christique: le « Christ Soleil » apparaît au milieu de ce triptyque. Le vitrail de droite représente le dernier repas de Jésus. Celui de gauche nous montre le passage à la Vie Nouvelle par la résurrection du Christ. Au centre, le Christ souriant montre la vocation de chacun, à savoir le partage de la gloire du Ciel. Les médaillons entourant le visage triomphant et heureux du Christ font référence à sa mort : les épines, l’échelle, les clous, le calice d’amertume, rappellent au chrétien que comme le Christ, il doit passer par la souffrance avant d’entrer dans la gloire.

            – Le triptyque de la Création : il resplendit des variétés de verts de l’accueillante nature, de l’abondante flore africaine. Toutes les richesses, à l’aube de l’humanité sont dans ces trois vitraux (la terre promise, la création du monde, le paradis). Mais nos premiers parents, poussés par le Mal (le serpent), commettent le péché originel et perdent ainsi le Paradis, lieu du bonheur et de la paix. Le vert appelle alors à la tempérance, à la mesure dans l’utilisation des biens de ce monde ; il préfigure l’Espérance de la Résurrection à venir.

            – Le triptyque de la Nouvelle Alliance : dans les entrelacs des bleus des mers et des océans, s’accomplit le Baptême de Jésus. L’eau, source de vie et de grâce divine, envahit le triptyque tout entier. Jésus qui a réalisé les promesses de l’Ancien Testament (le vitrail avec Moïse) donne la vie en surabondance (pêche miraculeuse) aux hommes qui lui obéissent, car la vie de Dieu en nous, passe toujours par l’obéissance.

* L’enseignement de Jésus

L’enseignement de Jésus est présenté sur huit vitraux. Trois d’entre eux rendent compte des paraboles, des guérisons et des prédications de Jésus ; le quatrième nous parle de Saint Paul, continuateur de son œuvre. Quatre autres vitraux nous présentent les témoignages qu’ont rendus de la vie de Jésus, les quatre Évangélistes. Le symbole propre à chaque Évangéliste, un animal ailé, selon les visions d’Ezéchiel et de Saint Jean, figure d’ailleurs sur le médaillon supérieur de son vitrail, le rendant ainsi facilement reconnaissable. C’est un lion pour Marc, un taureau pour Luc, un homme ailé tenant le livre des Évangiles pour Matthieu, un aigle pour Jean.

*Le diptyque du Christ-Roi et de la Nativité

Ce qui frappe dans les vitraux de la Basilique, c’est l’Afrique. Elle est particulièrement visible sur les deux vitraux représentant la journée des rameaux et la naissance de Jésus. De beaux cocotiers remplissent le bas et la partie supérieure des deux vitraux.

Le vitrail de la nativité : c’est le tableau classique de la nativité qui est mis dans le contexte de la végétation africaine. On voit Jésus, le Prince de la Paix qui vient de naître afin d’apporter la paix à notre terre africaine. Sa coloration bleue exprime, suivant une tradition iconographique byzantine, la divinité.

Le deuxième vitrail de ce diptyque représente la gloire du Christ-Roi lors de la journée des rameaux. Le Christ en gloire entre à Jérusalem suivi par la foule. Dans cette foule qui l’accueille et l’acclame, on reconnaît, agenouillé devant Jésus, le donateur, Félix Houphouët-Boigny et d’autres personnages qui ont contribué à la construction de la Basilique.

La basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro.
Edifice religieux catholique le plus grand au monde.


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